- 2026-06-03
L'Alliance Fleuve Congo-Mouvement du 23 mars (AFC-M23) a menacé, dans un communiqué publié le 1er juin 2026, de répondre aux nouvelles attaques des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de leurs alliés en prenant le contrôle de nouveaux territoires. Le groupe rebelle affirme vouloir créer un « périmètre de sécurité » dans l'est de la RDC, une région ravagée par des décennies de conflits armés. Cette déclaration constitue une escalade rhétorique significative et annonce une possible intensification des affrontements dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le communiqué de l'AFC-M23 intervient dans un contexte de regain des hostilités entre le groupe et les forces gouvernementales. Ces dernières semaines, les FARDC, appuyées par des milices locales alliées et des contingents de la Mission de l'ONU (MONUSCO), ont mené plusieurs offensives pour reprendre des positions stratégiques contrôlées par les rebelles. L'AFC-M23, qui avait connu une accalmie relative après les accords de cessez-le-feu conclus fin 2025, semble désormais déterminé à riposter et à étendre sa zone d'influence dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo.
La menace de l'AFC-M23 de créer un « périmètre de sécurité » par l'expansion territoriale rappelle les dynamiques observées lors de l'insurrection de 2012-2013, où le M23 avait brièvement contrôlé la ville de Goma. Toutefois, l'actuelle coalition AFC-M23, née d'une fusion entre plusieurs mouvements politiques et militaires, affiche des ambitions politiques plus larges, incluant la gouvernance et l'administration des zones conquises. Les analystes redoutent que cette nouvelle phase du conflit n'entraîne une escalade humanitaire, avec des déplacements massifs de populations fuyant les combats.
La réponse de Kinshasa n'a pas tardé. Le gouvernement congolais a qualifié cette menace de « provocation inacceptable » et réaffirmé sa détermination à restaurer l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national. Les FARDC ont annoncé un renforcement de leur dispositif militaire dans les zones frontalières avec le Rwanda et l'Ouganda, accusés par Kinshasa de soutenir la rébellion. La communauté internationale, par la voix de l'ONU et de l'Union africaine, appelle à la retenue et à la reprise des pourparlers de paix. L'évolution de cette crise pourrait avoir des répercussions majeures sur la stabilité de toute la région des Grands Lacs.
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