- 2026-02-15
Le 10 février 2026 en matinée, plusieurs dizaines de terroristes affiliés au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) ont lancé une attaque d'envergure contre le village de Bagou-Bagou, situé le long de la route nationale RN11 au sud-est de Kérou, dans le département de l'Atacora au nord-ouest du Bénin. Cette incursion armée, qui s'inscrit dans une tendance préoccupante d'expansion des groupes jihadistes vers les pays côtiers d'Afrique de l'Ouest, a causé d'importantes dégradations matérielles dans cette localité rurale proche de la frontière avec le Burkina Faso.
Le bilan humain de cette attaque reste encore incertain à ce stade, les autorités béninoises procédant à des évaluations sur le terrain dans des conditions difficiles. Des sources locales rapportent que les assaillants, arrivés en nombre sur des motos, ont pris pour cible des infrastructures publiques et privées, incendiant plusieurs habitations et commerces avant de se replier rapidement. La stratégie employée par le JNIM lors de cette opération rappelle les tactiques utilisées par le groupe dans ses zones d'opération traditionnelles au Mali et au Burkina Faso, suggérant un transfert de méthodes et possiblement d'expérience vers le territoire béninois.
Cette attaque contre Bagou-Bagou soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'expansion vers le sud des groupes terroristes opérant dans la région du Sahel. Le Bénin, jusqu'ici relativement épargné par l'insécurité chronique qui touche ses voisins du nord, fait face depuis plusieurs mois à une recrudescence des incursions armées dans sa partie septentrionale. La zone de l'Atacora, caractérisée par un relief accidenté et des frontières poreuses avec le Burkina Faso et le Togo, est particulièrement vulnérable à ces infiltrations. Le JNIM, principale coalition jihadiste affiliée à Al-Qaïda au Sahel, semble chercher à étendre son influence vers les pays du Golfe de Guinée.
Les conséquences de cette attaque pourraient être multiples pour la région et pour le Bénin. Sur le plan sécuritaire, elle met en lumière la nécessité de renforcer les dispositifs de surveillance et de protection des zones frontalières, particulièrement dans le nord du pays. Sur le plan humanitaire, elle risque de provoquer des déplacements de populations vers des zones plus sûres, créant une pression supplémentaire sur les communautés d'accueil. Sur le plan économique, la RN11, axe routier important pour le commerce local, pourrait voir son trafic perturbé par l'insécurité. La réponse des forces de défense béninoises, qui bénéficient du soutien de partenaires internationaux dans leur lutte contre le terrorisme, sera déterminante pour contenir cette menace émergente.
Nous collaborons avec plusieurs plateformes spécialisées pour vous offrir une information complète et diversifiée sur différents sujets d'actualité et d'intérêt général.